06 janvier 2010
La meilleure arme contre un mauvaise idée, est une meilleure idée (Karl Propper)
Petit jeu du 6 janvier 2010. Déterminez le temps qu’il a fait aujourd’hui à Kuta Lombok ?
Réponse : sec, chaud, pas une goutte ! Incroyable, incredible !
Réchauffement climatique, micro-climat, El Niño ? Que sais-je ? Il a plu à verse partout dans la proche région...sauf à Kuta.
Au lieu de parler sans fin (et sans suite) à des conférences internationales ils devraient commencer à expliquer aux gamins des écoles (futurs adultes) comment le système fonctionne, surtout en bord de mer. Il faut que je trouve sur internet un croquis pour expliquer comment fonctionne la formation des nuages en bord de mer. A force de couper des arbres, la région se désertifie, nuages ou pas nuages. Mais non les profs préfèrent garder vaguement les enfants plutot que de leur apprendre des choses utiles à leur avenir.
Quand le temps est menaçant le village est d’un calme absolu, tous ces Sasak étant, comme chacun le sait, fait de sucre et craignant de fondre à la première goutte ils restent tous chez eux dans l’attente de l’averse promise. Bon, les chevaux ont été sortis parce que je l’ai demandé sinon ils seraient restés bien à l’abri.
Fini La cousine Bette, formidable portrait de la bourgeoisie parisienne du début du XIXème siècle. Le Vice contre la Vertu. Les portraits et les situations décrivent une humanité qui n’a guère change depuis le temps. Demain, avec le jour, je vous donnerai quelques exemples de tournures formidable
05 janvier 2010
Janvier sans pluie ?
4 janvier, l’année commence comme elle a fini : sans pluie. Maintenant les gars trouvent qu’il fait trop chaud. C’est drôle comme ils trouvent toujours une bonne excuse à tout. Quand je leur dis que c’est du au réchauffement climatique global et en particulier à la déforestation intensive et irréfléchie des massifs forestiers indonésiens, ils sont, bien entendu, sceptiques. Quand je leur explique que des zones entières de la planète se désertifient faute de pluie suffisante pour entretenir une agriculture décente, ils sourient en me prenant pour un illuminé.
Pourtant « chaque homme porte en lui assez de néant pour assombrir le monde et assez de lumière pour l’embraser. » Maurice G.Dantec.
Et me voici, après Le secret de la Princesse de Cadignan, Sarrasine et Pierre Grassou dans La cousine Bette, cette affreuse mégère, vieille fille acariâtre, de la Comédie Humaine de Balzac. Toujours aussi merveilleux de méchanceté et de clairvoyance « Le baron embrassa tout, d’un coup, vit la signature de la médiocrité dans chaque chose, depuis le poêle en fonte jusqu’aux ustensiles de ménage, et il fut pris d’une nausée en se disant à lui-même : - Voilà donc la vertu ! »
« Les grands de l’Empire ont égalé, dans leurs folies, les grands seigneurs d’autrefois. Sous la Restauration, la noblesse s’est toujours souvenue d’avoir été battue et volée ; aussi, mettant à part deux ou trois exceptions, est-elle devenue économe, sage, prévoyante, enfin bourgeoise et sans grandeur. »
02 janvier 2010
Menaces de pluie... mais goutte
Vous aurez, bien entendu, rectifié l’orthographe le César Birotteau « Pour être quelque chose de grand il faut d’abord savoir commencer par n’être rien. » Si ce n’est pas de la philosophie ça...
Comme toutes les études s’enchainent dans une même logique de noms que résonnent de texte en texte, j’ai continué sur ma lancée en dévorant La maison Nucingen du nom du gros banquier juif dont Balzac dénonce les méthodes malhonnêtes pour voler son monde sur la confiance « Le bonheur est où on le met ».
Relu avec plaisir Splendeurs et misères des courtisanes qui nous livre toujours des expressions savoureuses telles que « Suis-je femme à faire pareilles fautes d’ortographe dans une toilette ? » ou encore « La comtesse eut autour de la bouche un petit mouvement nerveux qui ne pouvait être compris dans la catégorie des sourires ».
Petit rappel de ce que sont les petits déjeuners à Eudaimôn : une assiette de fruits frais sublime, avec ça, trois crèpes et une bonne confiture et me voilà prêt pour la journée.
Vu aussi en DVD deux bons films W d’Oliver Stone, un portrait au vitriol de George Bush fils, Balzac n’est pas loin. 
Et puis le charmant Be kind rewind de Michel Gondry sur les délires cinéphiles de deux gérants de vidéo-club dont le stock de cassettes est effacé par démagnétisation accidentelle (scène super drôle), et qui reproduisent avec les moyens du bord et de leur imagination débordante, les scènes cultes des films des années 80. Trop drôle et touchant.
Temps menaçant, jugez plutôt : d’un côté la mer toujours calme et apaisante (ci-dessus), de l’autre, vers Rembitan, Sengkol, de lourds nuages gris, noirs, chargés de pluie, mais pas une goutte ne se déversera sur Kuta. Ils ne sont pourtant qu’à quelques kilomètres. Pas vernis.
01 janvier 2010
1 janvier 2010 Tradition
Nyoman, Koming, Ketut et Made vous présentent leurs meilleurs voeux pour cette année 2010 et espèrent avoir le plaisir de vous rencontrer prochainement, pour partager avec eux la douceur d’Eudaimôn.
Photo prise le 31 décembre, en pleine « saison verte »
30 décembre 2009
L’homme n’est pas tout à fait une espèce animale, il est plutôt de l’ordre des catastrophes naturelles.
Ce sera l’aphorisme du jour. En effet, les moteurs des tronçonneuses font encore entendre leur ronronnement (c’est un doux euphémisme) pour couper sans distinction arbres et cocotiers sur des terrains qui n’appartiennent même pas aux bûcherons. Bande de sauvages, va ! Par certains endroits ce ne sont que cadavres de souches et bien entendu, pas un arbre n’est replanté, la nature y pourvoiera. Il y a des moments ou je les déteste de tant d’inconsistance.
Et puis il y a des moments ou je les adore. Ce matin, 30 décembre, sirènes dans les rues de Kuta. Que se passe-t-il ? Des centaines d’adolescents (filles et garçons) en survêtements participent à une course à pied qui va du centre du village, se dirige vers le Novotel par la route du bord de plage et reviens vers le centre du village par la route qui passe devant chez moi. Les premiers participants enthousiastes sont attirés par le million de roupies qu’il y a à gagner au bout de la course, les suivants, vite fatigués se contentent de marcher, les plus malins couperont à travers champ, juste devant chez moi et gagneront ainsi 800 précieux mètres sans se fatiguer. Bon courir avec un voile sur la tête pour les filles ce n’est pas évident évident. C’est toute l’Indonésie résumée en quelques attitudes : courir pour de l’argent ou tricher sans vergogne pour éviter de se fatiguer.
Hier nous sommes allés en famille à Mataram pour acheter des feux d’artifice et faire valider les bons d’achat du magasin MGM qui offre 0.5% de la valeur des achats de l’année en cadeaux. Ce seront des ustensiles de cuisine et des chaussures pour les filles ravies. Un joli poste TV ornera la maison de Made et Nyoman avec restriction sur les horaires de vision. Sur le chemin du retour grosse pluie. D’ailleurs on voit bien qu’il pleut dans le centre de l’île, les rizières sont toutes en eau, En revanche dès que l’on redescend dans le sud, la pluie se fait moins dense, et puis à quelques kilomètres plus du tout. Retour à la terre sèche et aride de nos régions. Il a plus, pour la premièère fois, d’une façon intense avant-hier soir et la nuit qui a suivi. La nature a un peu repris des couleurs.
Suite des scènes de la vie parisienne avec le célèbre et fabuleux César Biroteaux.
26 décembre 2009
Balzac a Kuta Lombok
Comme mon colis de Noel est arrivé à temps, je me suis replongé avec un délice inassouvi dans le tome V de le Pléiade consacré à la comédie humaine, qui porte si bien son nom. Balzac, quel auteur, je comprends tous les jours l’enthousiasme de Hermann Hesse.
Hier soir deux clientes du Novotel, bonnes cavalières m’ont entrainé dans une belle balade. Mère et fille, l’ainée travaillant à l’ambassade de France à Jakarta et la fille visiblement dans la Garde Républicaine, cavalière émérite. Elles ont toutes deux loué la qualité de mes chevaux et la beauté de la promenade. Jakarta n’offrant guère de possibilités pour les amoureux des sports équestres, j’espère qu’elle sera un bon relai d’information.
Alors au programme de ce samedi 26 décembre sans pluie, un café et un bon robusto et me voilà plongé dans La duchesse de Langeais, après avoir dévoré Ferragus.
Sur fond de concertos de Mozart, je me suis laissé séduire par cette sublime histoire d’amour comme on n’en conte plus guère aujourd’hui. C’est aussi une description parfaite de la société parisienne de ce début de XIXème siècle. Des pages uniques consacrées à des portraits de personnages hauts en couleurs tels que la grisette ou le gardien du Père-Lachaise. Un témoignage sur l’architecture d’un Paris disparu, d’une société disparue avec lui. Un Paris où l’aristocratique Faubourg Saint Germain dictait la mode en s’arrangeant de la morale. Ou encore des critiques acerbes de la monarchie de Restauration. Tout y passe avec un voluptueuse méchanceté.
« Ainsi pour premier trait caractéristique, le faubourg Saint-Germain a la splendeur de ses hôtels, ses grands jardins, leur silence, jadis en harmonie avec la magnifiscence de ses fortunes territoriales. Cet espace mis entre une classe et toute une capitale n’est-il pas une consécration des distances morales qui doivent les séparer ? ... Dès qu’en tout Etat, sous quelque forme de gourvernement, les patriciens manquent à leurs conditions de supériorité complète, ils deviennent sans force, et le peuple les renverse aussitot. Le peuple veut toujours les voir aux mains, au coeur et à la tête, la fortune, le pouvoir et l’action ; la parole, l’intelligence et la gloire. Sans cette triple puissance, tout privilège s’évanouit. Les peuples comme les femmes aiment la force en quiconque les gouverne, et leur amour ne va pas sans le respect. Ils n’accordent point leur obéissance à qui ne l’impose pas. Une aristocratie mésestimée est comme un roi fainéant, un mari en jupon ; elle est nulle avant de n’être rien. »
La duchesse de Langeais : « Ah ! nous sommes d’indignes personnes, égoïstes et frivoles. Nous ne savons que nous ennuyer à force d’amusements. Aucune de nous ne comprend le rôle de sa vie. Autrefois, en France, le femmes étaient des lumières bienfaisantes, elles vivaient pour soulager ceux qui pleurent, encourager les grandes vertus, récompenser les artistes et en animer la vie par de nobles pensées. Si le monde est devenu si petit, à nous la faute.
La même se justifiant de refuser les avances insistantes d’Armand « Coquette ? je hais la coquetterie. Etre coquette, Armand, mais c’est se promettre à plusieurs hommes et ne pas se donner. Se donner à tous est du libertinage. Voila ce que j’ai cru comprendre de nos moeurs. Mais se faire mélancolique avec les humoristes, gaie avec les insouciants, politique avec les ambitieux, écouter avec un apparente admiration les bavards, s’occuper de guerre avec les militaires, être passionnée pour le bien du pays avec les philantropes, accorder à chacun sa petite dose de flatterie, cela me parait aussi nécessasire que de mettre des fleurs dans nos cheveux, des diamants, des gants et des vêtements. »
Trop drôle !
« Peu de femmes osent être démocrates, elles sont trop en contradiction avec leur despotisme en fait de sentiments. »
« La religion est, vous le voyez, le lien des principes conservateurs qui permettent aux riches de vivre tranquilles. La religion est intimement liée à la propriété. Il est certes plus beau de conduire les peuples par des idées morales que par des échafauds, comme au temps de la Terreur, seul moyen que votre détestable revolution ait inventé pour se faire obéir. Le prêtre et le roi, mais c’est vous c’est moi, c’est la princese ma voisine ; c’est en un mot tous les intérêts des honnêtes gens personnifiés....La révolution se relèvera terrible, et ne vous donnera qu’un seul coup ; ce n’est pas elle qui sortira de France ; elle y est le sol même. Les hommes se laissent tuer mais non les intérêts. »
Je rappelle que nous sommes en 1834.
Le vieux barbon au jeune Armand désespéré. « Je me suis prononcé, moi, en faveur des femmes faciles ; au moins elles sont tendres, elles aiment au naturel, et non avec les assaisonnements sociaux. Mon pauvre garcon, une femme qui se chicane, qui ne veut qu’inspirer de l’amour ? eh mais il faut en avoir une comme on a un cheval de luxe ; voir, dans le combat du confessionnal contre le canapé, ou du blanc contre le noir, de la reine contre le fou, des scrupules contre le plaisir, une partie d’échecs fort divertissante à jouer. Un homme tant soit peu roué, qui sait le jeu, donne le mat en trois coups, à volonté. »
« Madame, lorsque dans Paris, le bourreau devra mettre la main sur un pauvre assassin et le couchera sur la planche où la loi veut qu’un assassin soit couché pour perdre la tête...Vous savez, les journaux en préviennent les riches et les pauvres, afin de dire aux uns de dormir tranquilles, et aux autres de veiller pour vivre. »
Pour finir, le début du portrait vitriolé de la princesse de Blamont-Chevry donne le ton de cette page : « La princesse de BC était, dans le monde feminin, le plus poétique débris du règne de Louis XV, au surnom duquel, durant sa belle jeunesse, elle avait, dit-on, contribué pour sa quote-part. De ses anciens agréments, il ne lui restait qu’un nez remarquablement saillant, mince, recourbé, comme une lame turque, et principal ornement d’une figure semblable à un vieux gant blanc... Mais, pour lui rendre entièrement justice, il est nécessaire d’ajouter qu’elle avait une si haute idée de ses ruines, qu’elle se décolletait le soir, portait des gants longs, et se teignait encore les joues avec le rouge classique de
Martin. Dans ses rides une amabilité redoutable, un feu prodigieux dans ses yeux, une dignité profonde dans toute sa personne, sur sa langue un esprit à triple dard, dans sa tête une mémoire infaillible. »
J’adore !
« Le roi reste ce qu’il a toujours été, un jacobin fleudelisé. »
Bonus de 18h50 : le ciel couchant sublime.
25 décembre 2009
Joyeux Noël à tous
Soirée tranquille à regarder une série TV recommandée par Thomas : Mad men. Merci du tuyau, je me régale. Les auteurs de la série Les Sopranos se sont penchés sur les coulisses d’une agence de publicité New-Yorkaise dans les années 60. Cynisme de ces hommes (et femmes) ambitieux ou chacun joue sa petite partition dans un univers d’affaires impitoyable. Mais aussi un univers libertaire où l’on trompe sa femme avec délectation, son client avec habileté, son foie avec jubilation (
on picole non stop) et ou on encrasse ses poumons avec empressement ; cela fait tout drole de voir un film ou les acteurs fument cigarette sur cigarette. On s’est vite deshabitué de ce genre de comportement que l’on trouvait parfaitement anodin il y a quelques années. C’est une série jubilatoire.
Saisi dans la bibliothèque un roman d’un inconnu Olivier Rolin Port Soudan. D’une écriture raffinée et élégante l’auteur ramène son héros sur les traces d’un vieil ami parisien qui a capitulé face au désenchantement du monde dans lequel il vivait. Quittant les sables brulants et sauvages du Soudan il retourne, apres 20 ans, dans un Paris qu’il ne reconnait plus, peuple de gens qui lui sont étrangers.
« Dans la croyance que le monde n’était pas autre chose qu’un vaste jeu de hasard où l’emportaient les chanceux, les bluffeurs et les tricheurs. »
La rencontre avec des demi-mondains qui ont connu son ami est époustouflante « Le trafic de menues malveillances était l’un des emplois de ces gens ».
« Ce qui etait honoré, en revanche, et prodigieusement, c’était l’argent. Lorsque j’avais quitté la France, il était encore bienséant de n’en point avoir - ou en ayant par hasard, de le jeter à tous les vents. J’étais stupéfait de voir que les cours de la Bourse, les taux d’intérêt, les valeurs des monnaies avaient remplacé, aux unes des journaux et jusque dans les conversations des gens du monde, la marche des révolutions, que les grands affairistes fascinaient, les imaginations que tenaient captives, autrefois, les libérateurs réels ou supposés des peuples, et qu’enfin la réputation d’un homme, le rang qu’il occupait dans l’estime des autres étaient fonction des marques d’opulence qu’il pouvait prodiguer. Encore le plus plat conformisme fixait-il les règles et les bornes de cette ostentation : ce n’était pas l’extravagance qu’on désirait et louait, mais au contraire la ressemblance à des modeles de comportement, d’habillement, de divertissement, de culture etc. dont l’incessant ressassement publicitaire hébétait le esprits. »
« Il se trouvait toujours assez d’âmes serviles pour attribuer à la générosité excessive du génie les indélicatesses les plus flagrantes. »
Belle rencontre.
Puisque c’est le jour qui commémore dans l’esprit des chrétiens la naissance de Yésus de Nazareth, il est temps de rappeler quelques aphorismes de Maurice G. Dantec bien vus et qui remettent perspective les enseignements essentiels de ce prophète.
Le plus brillant bretteur du Verbe de tous les temps vécut il y a ving siècles en Palestine, et il fut puni pour cela
Si le Christ surgissait aujourd’hui, je ne lui donnerais pas deux jours.
Comme Diogène et Nietzsche le savaient, le porteur de vérité ne peut en aucun cas être un « philosophe citoyen », respectueux des lois et des usages de son époque, la vérité qu’il porte est une torche dont il doit user pour enflammer la cité, susciter la peur et la panique, détruire les traditions et les autels, provoquer la chute de l’homme.
Toute authentique philosophie doit jeter un défi brutal à ses contemporains.
Lorsqu’une philosophie refuse de se ressourcer aux grandes religions, et surtout aux religions du Livre, elle démissionne, et elle s’étiole, jusqu’à ne devenir plus qu’un traité de cuisine. En revanche, lorsqu’une religion refuse la nécessaire critique philosophique, soit la confrontation, la séléction naturelle, elle abdique et regresse jusqu’à n’être plus qu’un livre de rituels.
Voila vous en avez assez pour méditer. Joyeux Noël à tous
24 décembre 2009
Veillée de Noël à Kuta Lombok.
Au programme de cette magnifique fin de journée ensoleillée (eh oui c’est lassant), un bain des chevaux prolongé. Les jeunes cavaliers se sont beaucoup amusés et les chevaux aussi, les uns surpris par les reactions des autres ont fait des bonds mais dans la bonne humeur et les rires frais. Harmonie du soir !
Sans la musique, la vie serait une erreur (Nietzsche)
Pour mon dîner d’anniversaire je m’étais mis au réfrigérateur un bocal de foie gras pour me l’ouvrir en entrée. Tout a coup les filles (y compris la cousine Pia, fille d’Akhmad) sont venues avec une assiette de gâteaux préparés par Nyoman et une bougie à souffler. Trop mignon.
Ce matin 24 décembre nous avons fait notre petite décoration avec quelques boules de Noël rapportées d’Inde (Rajahstan). Tous les enfants du monde adorent. Bon les petits angelots les intrigueux, ils ont des ailes dans le dos pour voler ? Encore grand soleil, vent puissant. Des nuages pour la fin de journée ?
23 décembre 2009
Le fantastique (c’est à dire le merveilleux ou l’épouvantable) nait d’un simple regard lucide sur le monde réel.
Apres son « Journal métaphysique », voici terminé un bon polar de fiction (polar-science-fiction de Maurice G. Dantec, il navigue entre les genres) à l’imagination débridée mais reprenant des thèmes déjà abordés (et développés) dans le Théâtre des Opérations que j’avais achevé plus tôt.
« Mais lorsque la vie tout entière n’est plus qu’un vaste « espace de loisirs », sans but ni direction, neutre et sans affect, « media froid » ou les séries télé s’enchaînent aux jeux stupides, au déluge publicitaire et à l’ennui, le nombre des solutions se restreint au fur et à mesure que s’empilent les frustrations. » Où comment entrer dans la tête d’un tueur en série. Ca ce n’est pas très nouveau en polar. Ce qui l’est plus c’est que notre détective est un scientifique brillant un peu allumé aux amphétamines qui a inventé une neuromatrice avec laquelle il converse pour modéliser et prevoir tous les délires du ou des tueurs en série qui agissent dans les Alpes selon des règles très précises. Des règles puisqu’il s’agit d’un « jeu ». Imaginaire débridé et perspectives peu réjouissantes sur le devenir de notre monde :
« Bon Dieu, toute cette humanité surbranchée et aveugle à la fois ».
Le livre est écrit en 1995 et est censé se dérouler jusqu’en 2020, plus un futur si lointain que cela.
Mon present c’est l’arrivée le jour de mon anniversaire, merci à tous ceux qui y ont pensé en mail ou sur facebook, d’un colis rempli de livres et de pâtés bien français, enfin bien béarnais devrais-je dire plutôt, je ne renie pas mes racines.
Encore et toujours bonne température et pas de pluie.
Allez une petite « pensée » que je propose à votre réflexion :
« Je pense qu’une recherche sincère des vérités terrestres nous conduit à découvrir que ces vérités sont éparses, que nulle doctrine nulle opinion ne les rassemble tout entières ni n’en est tout à fait privée. Plusieurs voies sont ouvertes à la recherche, et nul n’est assuré que celle qu’il a choisie soit la seule bonne et qu’il trouvera à son terme la clé qui ouvre toutes les portes....Nous devons accepter la liberté de toutes les recherches et de toutes les expressions, mais nous devons nous opposer de toutes nos forces à la prétention de ceux qui voudraient nous imposer une solution par la force et ne nous laisser le choix qu’entre la servitude et le silence, qui peut être celui de la prison ou de la mort....Une civilisation ne se définit pas par les solutions qu’elle propose, elle se définit par les questions qu’elle soulève. » Louis Martin-Chauffier

