06 juin 2009
Importation de chevaux d'ile en ile
Samedi. Enfin un peu de temps pour respirer, je puis écrire quelques lignes.
L’importation des chevaux d’une île à l’autre reste une aventure périlleuse. Connaissant la procédure, je l’explique à Akhmad car ce n’était pas lui qui s’en était chargé la dernière fois. Nous devons obtenir une lettre de sortie de la province de Bali (ce sont les vendeurs qui nous aident à l’obtenir), et une lettre de « rekomendasi » (recommandation, on se demande bien de quoi). Je dis à Akhmad d’aller Mataram procéder au virement des fonds et de récuperer ces documents administratifs des services vétérinaires. C’est ce qu’il fera. Sauf que, sans m’en parler, il n’ira pas au service vétérinaire car il estimait qu’il le ferait à Praya le lendemain. Or les affaires de la province se traitent au niveau de la province et non au niveau du kebupaten (ma région). Moralité, il reviendra de Praya, le lendemain, bredouille et devra retourner, vendredi à Mataram demander ce fameux document. Deux aller-retour pour rien. D’autant plus que l’on fait la demande et puis il faut revenir chercher le document durement signé
par les autorités compétentes.
Pendant ce temps car il ne faut pas trop en perdre, les vendeurs ne nourissant plus les chevaux à partir du moment qu’ils sont vendus, il faut les récupérer au plus tôt.
Pendant ce temps donc, je demanderai à Awal de nous trouver un camion solide avec un plancher sans défaut. Je lui demande aussi de surveiller la qualité des barres de métal qui entourent la caisse intérieure du camion, souvent rouillée et sur laquelle les chevaux peuvent se blesser en passant la tête. Plusieurs jours dans un espace réduit ca les énerve et les stresse pas mal.
Nous verrons donc vendredi soir un joli camion en très bon état avec tout ce que j’ai demandé. Temps estimé du voyage : 4 jours. Si nous avons tous les papiers cela me semble raisonnable. Je laisserai Awal et Akhmad négocier car je n’ai pas trop d’éléments de comparaison (la somme payée pour le transport précédent était notée dans mon ordinateur portable qui a été volé). Awal montera avec une proposition de forfait plus jour supplémentaires.
Cela me semble élevé si l’on multiplie le jour sup par 4 (tout simplement). Je lui en fait la remarque et lui demande de redescendre et marchander en fonction de cela. Et puis je me souviens que Thomas m’a donné, avant de partir, le prix de location d’un camion dont il s’est servi pour rapporter deux maisons de bois de Sumbawa. Sumbawa est moins loin mais cela me sert de base à une nouvelle négociation.
La vétérinaire va nous aider à accélérer la procédure d’importation au port de Lombok car elle fait partie des vétérinaires en charge de ce type de dossier et elle connait bien mon sérieux. Départ du camion prévu lundi lorsqu’on aura récupéré les lettres d’accréditation.
Ce matin, Akhmad est à Mataram et m’appelle pour me dire que le Zoomy que j’ai vu de couleur noire a été déclaré par le vendeur (Menjangan), brown, donc marron foncé. Il va falloir jouer avec ce genre de détails.
Comme il faut que le camion aille jusqu’à l’ouest de Bali, charge les chevaux et revienne sur Kerobokan (Denpasar) pour en charger un troisième, je pense les rejoindre par avion à Denpasar en début de semaine pour voir si tout va bien. J’ai spécifie aux chauffeurs (ils sont toujours deux par camion car ils roulent jour et nuit, pas de mouchard) que je voulais qu’on sorte les chevaux pour se dégourdir les jambes, boire et manger, toutes les 4 heures. Je voudrais vérifier tout cela.
Grande ballade avec André et Eka pour profiter de mes chevaux actuels. Steve est revenu en pleine forme, mange comme 4 et avance à bonne allure. Pangeran est un peu plus « poussif » cela lui arrive par moments.
Lectures : outre le journal quotidien et le crash d’Air France (quand je pense que les compagnie indonésiennes sont encore black listées par la IATA) qui m’a bien impressionné car j’ai souvent pris cet avion. Fini à Bali « Le cinquième cavalier » de Lapierre et Collins, un bon thriller sur une attaque terroriste par un engin nucléaire lybien à New York (écrit en 85).
Je lisais le même jour dans le Java Post une copie d’un article du NY Times disant que d’après des recherches récentes, le chef d’Al Quaida avait annulé une opération visant à disperser des gaz mortels dans le métro peu de temps après le 11 septembre car l’effet médiatique n’était pas assez important. Il attendait la possibilité de provoquer une attaque nucléaire, plus marquante. Ca fait frémir, le monde est fou.
Pendant ce temps les élections arrivent dans un mois ici. L’ex président SBY s’est séparé de l’actuel vice-président qui se présente contre lui. Trois grands candidats donc. C’est le temps des grandes déclarations d’intention pour l’avenir glorieux du pays....Après les élections chacun continuera ses petites affaires, comme avant. Mais ici, tout le monde vote, ça n’a pas l’air d’être la même chose avec les élections européennes...
Heureusement que j’avais emporté à Bali un second livre, le premier Tome des aventures de Balzac et de sa Comédie Humaine. J’ai déjà lu « La maison du chat qui pelote », « Le bal de Sceaux », « Mémoires de deux jeunes mariées », « La bourse » « Modeste Mignon ».
Comme toujours superbement écrit et des citations en veux-tu en voilà....L’échange épistolaires des deux jeunes mariées tout juste sorties du couvent à 17 ans pour découvrir la vie, se marier, l’une par convention et l’autre par amour est passionnant et criant d’une vérité tellement actuelle sur les relations entre les hommes et les femmes, le couple, l’amour etc. Enorme.
En fin d’après-midi, les filles de Madé et Nyoman et leur cousine apprennent à nager dans la piscine. Scènes de joie enfantines forcément. Kuming se débrouille très bien toute seule maintenant.
Les photos qui illustrent ce blog sont de mon camarade de Yogya.
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