24 janvier 2009
Tournage a Kuta Lombok
Nouveau livre “La ville des
prodiges” de Mendoza, un formidable livre sur les tribulations d’un jeune
aventurier dans la Barcelone de la fin du XIXeme siecle et le debut du XXeme.
Picaresque !
Nicolas est arrive enfin a Lombok après une attente interminable a Bali car son avion Denpsasar-Matarm a ete decale de 17 heures a 20h40. Pas top après 14 heures de voyage !
Evenement a Kuta Lombok :
tournage d’une pub pour des nouilles (mie).
Il y a quelques jours, Awal est venu me dire qu’un regisseur lavait contacte pour louer des chevaux pour
un tournage a Tanjung Aan. Le shooting etait prevu le 20 ou le 21 sur la plage,
j’avais donc fixe un prix de location de deux chevaux et du camion pour les
transporter.
Le 21 au matin, le tournage
confirme pour cause de temps magnifique, nous vola donc embarquant les chevaux
(les trois) dans un camion grace a notre petit muret qui met les chevaux a la
meme hauteur que le cul du camion. Nousvoila donc parties pour Tanjung Aan, la
plus belle plage de la region. Je comprends qu’on ait envie de tourner une
bluette dans ce cadre idyllique. Nous les debarquerons et ils apprecieront de
se reposer en broutant l’herbe fraiche approtee par mes gars. Eric ne vient
plus depuis plusieurs semaines mais le remplacant n’est pas encore arrive, je
suis un peu inquiet.
Le regisseur et un assistant
viendront voir les chevaux et nous expliqueront ce qu’ils cherchent. En fait
ils tournent une pub pour des plats tout prepares a base de pates (mie goreng
etc).
L’equipe est en train de tourner sur un promontoire au milieu de la baie,
elle semble assez nombreuse, de loin. Leur idée c’est de faire galloper les
chevaux sur la plage sans cavaliers. Je leur expliquerai que cela ne me semble
guere possible car les chevaux ne sont pas dresses pour cela. Nous ferons des
essais a la longe, puis montes par le jeune Eka qui est reapparu depuis la
fuite d’Eric. Pangeran et sa robe noire sur la plage immaculee et les eaux
turquoise c’est tres “film de pub” mais rien n’est truque et vous voyez que le
beau temps est revenu, en pleine saison des pluies). Suite a plusieurs essays
de galops, ils trouvent l’image tres convaincante, on vera ce qu’en dira le
realisateur. Moi je suis plus rassure de voir des cavaliers sur mes chevaux
lances a plein galop dans la nature.
Nous attendrons, une heure,
puis une autre, puis une autre. La matinee passera qu’ils ne se opinteront
toujours pas. Ils apporteront gentiment un dejeuner mais j’expliquerai a Awal
qu’il va falloir renegocier le contrat de location, l’heure devenant journee. Le
chauffeur du camion aussi s’impatiente.
Le regisseur reviendra
accompagne d’un gars de la production, comprenant bien notre probleme et
acceptant sans trop se faire prier de un supplement (le triple du prix
initaliement prevu), nous attendrons jusqu’a ce que la tournage se finesse. Les
gars patientent a l’ombre, comme les chevaux. Un d’eux (une securite) entamera
la fabrication d’un chapeau de paille, un travail fort complique de preparation
de la palme, branche a branche. Tenant d’un pied, entre ses pouces, une partie
pour mieux tresser l’autre. Un travail de longue haleine mais qui m’occupera
l’esprit car je n’ai pas emporte de livre et il fait trop chaud pour aller se
promener a cheval.
Vers 15 heures arrive une
equipe de tournage fort professionnelle, un gros budget, j’ai bien fait de
demander un gros supplement. Ca me rappelle de bons souvenirs, cameras, grues,
nombreux techniciens debonnaires et rigolards, equipement 35mm, le grand jeu
quoi. Autour, peu a peu, s’amoncellent des curieux qui viennent voir le
tournage, attendant sagement le deroulement des operations.
Le but de la manoeuvre est
de filmer un paquet du produit de grande consommation, et le “resultat final
dans votre assiette”. C’est une pub qui se doit d’etre allechante donc les
legumes seront, ici, bien frais et vaporises d’eau) au fur et a mesure. En fond
de plan un bateau de peche sur la mer tropicale. La mise en place est, comme
toujours, un peu longue, mais le plan est assez vite tourne car assez simple,
juste un petit mouvement de camera. Le realisateur suit le storyboard de ce
spot (ils en tourneront trois aujourd’hui et deux demain).
Toute l’equipe vient de
Jakarta, on me presente au producteur et au realisateur (un chinois de
Malaisie) avec qui je discute un moment.
Les clients (riches chinois
de Jakarta) patientent a l’ombre pendant toute cette mise en place. La femme de
l’un tricote une echarpe en attendant le tournage, ah les inconvenients de la
climatisation !
Pendant que le plan se finit
on prepare le suivant avec mes chevaux et la grue qui doit faire un plan aerien
pendant que les cavaliers galopent sur la plage. J’interviens a un moment ou
l’autre pour preserver la securite des cavaliers (et de l’equipe) en les
prevenant que ce sont des chevaux entraines certes mais pas des betes de cirque
donc peu habitués aux equipes nombreuses et bruyantes et un peu inquiet de la
presence de cette grande grue incongrue sur la plage.
Il faut, de plus, leur
laisser un peu d’espace pour ralentir et s’arreter sans foncer sur des
equipements qui traineraient.
Action ! (le mot de change
pas dans toutes les langues). Lances au triple galop, le premier passage se
deroule fort bien. Eka, monte sans selle et maitrise fort bien son cheval (Pangeran) et galope un peu dans l’eau. Une jeune gars du village qui
l’accompagne se debrouille pas mal mais tient par miracle sur Steve. Au second
passage, Steve prend peur de la grue (comme je le pressentais) et fait un grand
ecart, abandonnant violemment son cavalier dans le sable, et foncant, libre,
sur l’equipe. Heureusement les chevaux ont de l’instinct et il ne fera pas de
degats mais le jeune cavalier sera bien secoue tout de meme. Il restera allonge
un moment avant de se relever sonne, fourbu mais sans trop de bobo. Nous
n’aurons pas trop de mal a recuperer la cheval reste libre de ses mouvements.
Le realisateur decidera de
faire un plan rapproche des pieds des chevaux galopant dans l’eau (de l’eau
croupissante en retrait de la plage). Comme le cavalier est encore sonne, que
le soleil disparait, que la lumiere baisse dangereusement,
il faut vite trouver
quelqu’un d’autre. Mon palefrenier (Man) refusera de monter en faisant toute
une histoire, je ne suis pas content car je vois bien que l’equipe
s’impatiente, que le temps tourne et la lumiere fuit. Je sais ce que c’est pour une equipe technique
d’avoir ce butoir incompressible. Un des gars qui nous accompagne (la
securite), enfilera un sarong (le costume de scene) et montera sur Sox
(heureusement que nous l’avons emporte, Steve est trop nerveux) pour galoper
avec Pangeran. Bref le soleil couche, les plans termines, les producteurs ravis
viendront me payer (cash) le salaire et donner un bonus aux acteurs d’un jour.
Tout le monde est ravi. Une vraie journee de travail. Nicolas est venu nous
rejoinder avec Made (il s’est leve a 14 heures) et a bien profite de cette
premiere journee ensoleillee sur la plus belle plage de la region. Belle
journee donc, et forcement un blog un peu plus fourni que d’habitude.
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