05 septembre 2008
Evidemment qu'il fallait attaquer, okkkkkaaaay ?
Le premier flic de
Corse, enfin qui l'était jusqu'à lundi avant d'être puni, a tout faux.
Il est désormais abrogé, aboli, effacé, annihilé, cassé, dissous. Selon
la vieille expression imagée de l'Etat français, tout Corse qu'il est,
limogé. Vous trouvez que c'est trop ? Vous plaisantez ! Comment, vous
n'êtes pas au courant ? Les journaux télévisés ne parlaient que de
cela, mardi soir. Si vous vivez terrés au fond d'une grotte, loin des
écrans, voici les faits. Ils sont graves. Dominique Rossi,
coordonnateur des forces de sécurité en Corse, en clair celui qui
commande (qui commandait !) là-bas aux flics et aux gendarmes a commis
le pire, l'indicible. Il a laissé samedi une cinquantaine de
nationalistes pénétrer dans le jardin de la villa de Christian Clavier,
près de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud) alors qu'il savait (évidemment, il
savait !) qui était le propriétaire. C'est donc si grave ? Plus que
cela. Terrifiant ! Il savait que Christian Clavier était l'ami du
président et il n'a rien fait. Il n'a pas bougé.
Il a laissé les
cinquante fouler le sol sacré du jardin de la villa de Clavier. Il a vu
de loin le gardien de la villa leur servir (en tremblant ?) le verre de
l'amitié, comme dans L'Enquête corse. Et il n'a rien fait ! Evidemment comme tous les coupables, il a des explications toutes
prêtes, mais qui ne tromperont personne. Il a estimé qu'il valait mieux
laisser une cinquantaine de militants nationalistes fouler
pacifiquement et symboliquement le sol du jardin sacré pendant une
heure pour éviter des troubles autrement graves à l'ordre public. Des
fois qu'ils envahissent dix autres villas de continentaux riches et
célèbres, ou pire encore, qu'ils incendient la préfecture d'Ajaccio ou
je ne sais quoi encore. L'innocent ! Mais non, justement, le coupable ! Il savait que Christian Clavier était l'ami intime de Nicolas Sarkozy,
quasiment son frère (ah non, cette fonction est déjà prise par Martin
Bouygues, pour l'amour duquel on supprime la pub sur les chaînes de
télé publiques). Enfin, si ce n'est son frère, quelque chose
d'approchant. Et il n'a rien fait ! Il savait, en excellent spécialiste
du renseignement qu'il est manifestement, et il a laissé se perpétrer
l'infamie. On a foulé le sol sacré de Jacqouille la Fripouille.
Evidemment, dès lors qu'il s'agit d'un ami du président, reconnu et estampillé comme tel, il ne fallait pas barguigner. Il fallait faire donner l'armée ! D'abord un petit barrage d'artillerie, peut être, un appui aérien évidemment, et puis l'assaut des commandos. Où est-ce qu'il a appris son métier, ce policier réputé calme, courtois et méthodique ? Quand la pelouse et la piscine d'un ami du président sont violées, on ne réfléchit pas, on fonce. Okaaaaaaay ?
Budd Schulberg : un sacre auteur !
Un petit extrait de “Tout un roman en deux mots” une des nouvelles de Budd Schulberg, decidement toutes plus impressionantes les unes que les autres, a chaque fois, un univers radicalement different, une ecriture originale adaptee a chaque situation, des personages profonds ou simples (un vieux boxeur sur le retour, un producteur en perdition, des parents incapables d’aimer leurs enfants ou encore un animateur de radio vedette dans “Un homme dans la foule”). J’avais deja ete enthousiasme par “Le desenchante”, je le suis encore aujourd’hui (cette vue -photo prise ce matin a maree basse- m'aide considerablement a m'extasier il faut bien le dire).
Ce n’etait pas parce qu’elle etait vaniteuse, mais simplement parce qu’elle n’avait que trois ans. Personne ne l’avait abusee avec des bonbons, ni ne lui avait murmure de promesses qui, le lendemain, s’etaient revelees mensonges aussi horribles et froids que la vaisselle sale du diner de la veille empilee dans l’evier. Elle n’avait jamais envtendu un dictateur endormir son pays avec de paisibles berceuses un jour, pour le faire trembler sous les bombes le lendemain. Elle ne connaissait pas la deception. Avec veneration, son pere laissait courir ses doigts dans sa douce chevelure blonde. Elle est vierge, pensait-il, car c’est la la vraie virginite, ce bref moment dans notre vie ou ni l’esprit ni le corps n’ont encore ete souilles par des traitrises.”
“Tout le monde m’aime, disait-elle. Tout le monde, tout le monde.”
Et un autre extrait de “Souvenir en blanc” (un vieux boxeur sur le retour -“trop de collisions entre son cerveau et le poing d’un adversaire avaient epaissi l’accent qu’il avait deja naturellement jusqu’a rendre son jargon incomprehensible”- qui reve de devenir “annonceur” de combats)
“Un costume blanc, un megaphone, et tout le monde qui ecoutait. C’etait ca son illumination. Pancho Villa III le Jeune, ce petit Mexicain trapu, avec son visage aussi plat que celui d’un dogue anlais, descendit main Street, traquant son illumination, une illumination de toile blanche, de veston croise, qui flottait devant lui, lui faisant depasser les boites de strip-tease et les salles de billard, les hotels borgnes a cinq cents, les hotels borgnes a dix cents et les hotels borgnes a vingt-cinq cents, ou l’on poussait le chic jusqu’a changer les draps une fois par semaine, lui faisant depasser les saloons a l’elegance elimee, les juke-box clinquants, les entraineuses aux tenues clinquantes et elimees, depasser tous ces moyens merveilleux et tentants de depenser son argent. Mais Pancho le Jeune garda ses petites mains charnues dans ses poches jusqu’au moment ou il arriva au magasin de vetements de luxe de Many Leibowitz (tout a cinq dollars).”
Bon c’est pas le tout mais mon equipe de constructeurs de piscine est arrivee hier soir, a decharge le camion de carreaux de ceramique verte et de pierre