31 août 2008
Defection des gardiens, en bloc !
Dernier jour avant le debut du Ramadan. Hier soir, sans raison, mes trois gardiens ont rendu leurs lampes torches en m’expliquant que pendant le Ramadan ils ne pouvaient plus bosser. Comme je ne comprenais pas bien ce qu’ils voulaient je leur ai demande de parler avec Akhmad. Ce qu’ils ont, bien entendu, omis de faire et ils ont juste….disparu de la circulation. Gonfles tout de meme, je n’en reviens toujours pas. Ils en avaient probablement assez de travailler alors ils arretent sans prevenir, juste en rendant leur outil de travail. Ca c’est une reaction typiquement Indonesienne. Penible !
Akhmad doit discuter avec Zitah (en qui je faisais toute confiance, enfin qui depassait la moyenne de ma nouvelle confiance sur l’echelle de Richter) pour essayer de comprendre. Mais lui aussi est assez trouble par cette defection.
Gentiment, Akhmad a demande a mes voisins, leur fils, le chauffeur, d’assurer a tour de role un gardiennage de nuit. Ce qu’ils ont fait avec spontaneite. Ils sont parfois imprevisibles.
Bon, le chantier continue tout de meme, sans se decourager. Japar est venu aider son pote Denge, le menuisier, a monter les lits a baldaquins dans les chambres de la maison d’hotes. Ils ont deja fiere allure.
Je vous livre quelques photos du chantier plus calme tout de meme.
Les jolis boutons de fenetre sculptes pour tirer les fenetres vers soi en les fermant.
Les elegantes poignees de portes entre les chambres et le salon commun aux deux chambres.
Et enfin les salles de bain avec les lavabos de poterie, et une belle vue degage sur la baie de Kuta.
Pendant ce temps des gars continueront de creuser pour les canalisations
d’evacuation, d'autres se reposent en fumant un clope "maison".
L’electricien est aussi a l’oeuvre pour connecter prises et interrupteurs. Les lampes en bois seront installees plus tard et attendent patiemment leur tour.
30 août 2008
La saison touristique s’acheve, le Ramadan s’apprete a commencer
Cote menuisier, il a monte le lit a baldaquin sculpte de la maison Peb’s, a
cote de la bibliotheque en place, mais encore vide, cela a belle allure. Il
manquera les portes de cette piece pour que je puisse y stocker tous mes
livres.
D’autres
ouvriers, au forfait, continueront de creuser les fosses qui accueillent les
canalisations d’evacuation d’eaux usees.
L’apres-midi,
sortie avec un jeune couple de francais encore, lui, tout aussi debutant et
elle plutot a l’aise a cheval et ayant choisi, sans hesiter Steve, le plus “nerveux”.
De temps a autre, auqnd je lui indiquais un coin pour faire du gallop, elle
restait un peu en arriere et nous rejoignait au gallop. Sur le dernier gallop,
elle est arrive a fond de train derriere Sox sans retenir son cheval, qui a
pile sec pour rentrer dans le rang et elle s’est retrouvee par terre. Chute
sans bobo mais bien choquee et machee tout de meme, j’ai eu peur en la voyant
rester allongee sans bouger, inerte, comme assomee après sa chute. Plus de peur
que de mal. Ouf.
Cote
lecture, j’ai devore “Le tailleur de Panama” de John Le Carre, un
classique du genre et une bonne demonstration des limites du renseignement en
matiere d’espionnage.
Demain arrivee d'une equipe de constructeurs pour mon "bassin de nage", la seconde piscine quoi.
28 août 2008
“Le proletariat n’a rien a perdre, sauf ses chaines”. Petits moments litteraires
Voila
donc quelques phrases bien senties d’un auteur inspire et lucide sur sa propre
destinee Nina Berberova dans "C'est moi qui souligne".
“La
peur, voire l’horreur, de la solitude est une superstition. On en fait un
epouvantail. J’ai aspire a la solitude des mon jeune age. Rien n’etait plus
affreux pour moi que de passer une journee entiere en compagnie d’une autre
personne sans pouvoir etre seule avec mes pensees, rester libre de mes actes,
lire ce qui me tombait sous la main.”
“Mes
parents n’ont fait que me donner un nom. Ce n’est pas moi qui l’ai choisi, mais
eux. Le reste c’est moi : je l’ai cree, cultive, echange, vole, ramasse, prete,
pris ou trouve.”
“Rien
n’est inevitable, a part la mort. Le peuple entra dans l’histoire en balayant
tout sur son passage, eux les premiers.
“Avec
son sourire et son pot en fer blanc, son ignorance de la langue des gens qui
l’entouraient et cet éclair de sauvagerie qui passa dans son regard apeure,
elle m’etait apparue pour me tirer de ma torpeur, pour me regenerer et pour
effacer de mon coeur le sang et la moisissure.”
Reflexions
d’annees de guerre et d’occupation :
“J’ai
prefere toute ma vie les vainqueurs aux vaincus, les forts aux faibles. A
present, je n’aime ni les uns ni les autres”
“A
l’approche des époques de famine et de froid, les allumettes brulent
difficilement. Je l’avais deja remarque en 1920. C’est la le presage d’une
grande misere”
Decembre,
une seule chambre, un seul lit, une seule couverture. Qui ne comprend pas ca ne
comprend rien au mariage. Le jour, la vie peut nous seprarer, nous refroidir,
nous ebranler, nous dechirer. Mais la nuit nous reconcilie. Un corps ranime
l’autre par sa chaleur, sinon par son ardeur.”
“Dans
un etat reactionnaire on dit a l’individu : “Ne fais pas ceci”, et la censure lui
ordonne : “N’ecris pas cela”. Dans un etat totalitaire, on lui dit : “Fais ceci,
ecris comme cela”. Voila toute la difference.
“Le
vainqueur se promene dans le village, le vaincu le regarde et, pour se
rassurer, lui trouve toutes sortes de traits agreables : il est propre, poli et
il paie pour tout avec de l’argent veritable (qu’on imprime jour et nuit, chez
lui a Francfort). On se dit qu’ils ne sont coupables de rien, qu’ils ne font
qu’executer des ordres.”
“La
vie est passee tel un repas qui se termine. Dieu que j’ai ete bete ! Je
voudrais retrouver ma jeunesse pour mieux apprecier la beaute du monde.”
Parlant
de son nouvel amant …”comme le heros d’un conte de fee, savant absolument tout
faire, mais, pour des raisons inexpliquees, ne tirent rien de tous ces talents.
Le sable coule entre leurs doigts, le vent emporte leurs paroles et leurs
projets s’evanouissent. Personne finalement n’attend plus rien d’eux. Moins on
croit en eux, plus ils doutent d’eux-memes; moins on n’attend d’eux, plus ils
se dispersent follement. Il ne reste plus, en fin de compte, que le charme
personnel qu’ils ont recu comme la grace a leur naissance.”
“Tout
m’appartenait et moi je n’appartenais a personne.”
“Sur
le Boulevard Raspail, je m’arrete devant la vitrine d’une charcuterie sans
pouvoir en detacher les yeux; elle me parait plus somptueuse que n’importe
quelle autre vitrine de cette ville. J’ai constamment faim. Je porte des robes
de seconde main et de vieilles chaussures; je n’ai pas de parfum, ni soies, ni
fourrure, mais rien ne me fait plus envie que ces denrees delicieuses. Derriere
la vitrine, une jeune vendeuse bien en chair fait tourner le disque d’un coupe
jambon. Ses levres ressemblent a de petites tranches de jambon, ses doigts a
des saucissons roses et ses yeux a des olives noires. Vue de dehors, elle finit
par se confondre avec les jambonneaux et les cotes de porc, ce qui obige le
client, une fois entre, a la chercher des yeux. Alors elle reprend vie et le
disque se remet a tourner, un long couteau aiguise dans sa main, une feuille de
papier huile se glisse sous la saucisse, la fleche de la balance oscille et
l’on entend enfin resonner le vacarme familier de la caisse enregistreuse. Si
cette caisse n’existait pas, comme la vie serait facile ici-bas !”
“J’ai
eu l’occasion de frequenter beaucoup de monde au cours de ma longue vie, et j’ai
appris qu’il y a des gens dont on peut faire le tour en une soiree, en une
semaine ou en une annee, alors qu’il en est d’autres dont on n’arrive jamais a
epuiser les richesses. Chez ces derniers il se passe a chaque instant quelque
chose : ca bouge, ca travaille, ca remue, ca disparait pour reapparaitre a
nouveau. Des rouages se mettent en marche, des ressorts se tendent, des
aiguilles oscillent, des barrieres s’ouvrent, des feux clignotent et parfois
meme on a l’impression d’entendre ce qui se deroule dans leur crane : la chaine
avance, les transmissions sifflent, les moteurs vrombissent. Avec les personnes
plus simples, les relations sont egalement plus simples et se fondent
exclusivement sur la sympathie reciproque, ou parfois l’attachement. Des annees
durant se prolonge une conversation banale qui a debute un jour, par hasard, et
qui ne mene jamais nulle part.”
Et
une petite derniere dans laquelle je me retrouve pas mal…
“Je
revois mon enfance sans “voile de tristesse” et sans regret de “ce qui a ete
perdu pour toujours”. Mon passe est la a tout moment et son unique vertu est de
donner vie a mon present. Parfois je m’assieds a la fenetre comme autrefois, et
je contemple la rue, les lumieres, les toits ou encore les arbres et les
nuages. J’ecoute le sang qui court dans mes veines, et retrouve dans mon corps
les pulsations de la vie. Les pensees et les passions de la maturite
s’enracinent dans mes insomnies enfantines et les solutions d’aujourd’hui
repondent aux questions de mes jeunes annees. Dans cette perpetuelle
metamorphose interieure, rien ne s’est perdu de ce qui fut.”
27 août 2008
Travaux
Ce matin, je suis alle faire un tour dans ma future maison “de repli” lorsqu’il y aura des invites, celle aussi ou j’entreposerai tout mon bordel plus personnel et que je ne louerai pas. Je l’appelle dans mes tableaux recapitulatifs de travaux, la Peb’s House. Et, oh surprise, Denge a travaille vite et bien et voila une superbe immense bibioltheque en train de voir le jour. Mes nombreux livres arrives par le conteneur vont, enfin, trouver asile sur des planches de bois comme il est d’usage pour un livre. Les DVD et les CD ne seront pas loin non plus. De plus cette piece ferme parfaitement car les portes sont en bois, c’est un plus pour y stocker mes affaires.
Le plombier a aussi bien bosse, les douches et les robinets sont poses, l’eau chaude y arrive, ici la double douche (exterieur-interieur) de la maison Peb’s, bref, ca avance, ca avance.
Les marches sont posees pres de la maison d’hotes et des gars coulent les piliers du mur qui entoure la maison afin de soutenir les clotures de bois.
Lecture du “C’est moi qui souligne” de Nina Berberova, un beau recit de 70 annees de peregrinations d’une jeune poetesse russe quittant sa Petersbourg natale après la Revolution d’Octobre pour rejoinder Berlin d’abord puis Paris ou elle vivra 25 ans avant d’emigrer a nouveau a New-York. Elle croisera toute la fine fleur de la literature russe émigrée puisque le regime de Staline avait decide d’epurer les arts sovietiques. Une belle reflexion sur le sentiment d’exil, sur l’evolution de la literature, mais aussi une sincere description de la vie quotidienne de ces exiles vivant chichement, entre eux, dans un Paris les tolerant tout juste, et toujours l’espoir de quelques uns de retrouver la “mere patrie” (ce que feront certains croyant aux promesses de sovietiques). Cela m’a fait prendre conscience de mon ignorance en matiere de literature russe (de Gogol a Pouchkine en passant par Tolstoi ou Dostoievski). Un bon moment qui m’a fait penser a Natacha, mon ex-collaboratrice chez Pathe qui avait vecu cela a la generation suivante puisque c’etaient ses parents qui avaient fui le regime sovietique.
26 août 2008
La vache est dans le pre (le bonheur aussi)
Cette
nouvelle n’ayant fait ni la une, ni la rubrique des chiens ecrases de la presse
francaise, je vous livre mes reflexions sur cette execution de la sentence de
mort pour les terroristes ayant accompli l’attentat a la bombe de Bali. Pour l’Indonesie,
il est important de montrer que l’Etat assure la securite de ses concitoyens et
des visiteurs car jusqu’a present on leur reprochait de reporter eternellement
la condamnation en faisant semblant d’agir efficacement (ce qui est souvent le
cas d’ailleurs) et de ne pas reellement punir les auteurs de l’attentat pour
caresser dans le sens du poil la frange la plus extreme des partis islamiques
et de l’opinion publique.
Bon,
mis a part cela, le chantier continue. Hier matin, pendant le petit-dejeuner, j’entends
des bruits proches, de l’autre cote du mur. Un buffle est monte sur la colline
voisine (escarpee) et vient brouter tranquillement l’herbe. Il faut le faire,
hisser ses 300 kilos sur une pente aussi raide. Il y en avait plusieurs d’ailleurs.
Hier,
courses a Mataram avec Made et Nyoman, que voila, je m’apercois que je n’ai
jamais fait de portrait digne de ce nom, en voila donc un (Nyoman a gauche, Made a droite). Nous approvisionnerons
la glaciere de beurre Elle & Vire, de bacon, mais aussi de produits pour
faire des salades, gateaux et autres gateries culinaires.
Le matin, ils
preparent mon petit-dejeuner dans la petite cuisine de la maison principale. La
cuisson est faite en bas et la preparation-mise en place des plats en haut. Je
leur ai achete un petit feu pour faire cuire un oeuf, le bacon ou un pancake en
haut afin qu’ils arrivent vraiment chaud sur la table.
Ce sont des details mais
bon, je tiens a mon confort tout de meme.
Voila quelques photos du service a bord.
Pendant
ce temps les equipes d’ouvriers sont revenues pour finaliser le sol de la
maison d’hotes, il restera a passer la cire, poser des serrures et loquets aux portes, ajuster les fenetres, mille details de finition quoi. Pour le moment ils font un petit
mur qui finit la terrasse et permet, en trois marches, de rejoinder la terre
ferme et avoir acces a cette maison. Le plombier est, lui aussi, au travail pour fixer les robinets sur les eviers de poterie et les douches sur leurs emplacements.
Denge,
le menuisier, a fini de decouper les morceaux de la bibliotheque de ma maison
de repli (en contrebas) et l’assemblera aujourdh’ui. Je pourrais ainsi ranger
mes nombreux livres sur des etageres.
25 août 2008
Execution a Denpasar Bali
Petit message court pour vous dire (puisque ni Le Monde, ni Libe, ni le JDD ne le mentionnent dans leurs informations generales mais font plus attention aux "rires" de Sarkozy devant ses soldats endeuilles -bizarre-) que les responsables de l'attentat a la bomde de Bali ont ete executes ce matin a Denpasar. La radio diffusait des messages non stop. Je n'ai pas la radio chez moi mais comme j'etais a Mataram pour faire des emplettes je l'ai entenu dans un magasin. Ils ont ete, comme il est de tradition ici, fusilles.
23 août 2008
Temps plus couvert
Et
une jolie reflexion sur quatre maisons closes : “Quatre lieux fermes separent
absolument le dedans du dehors : le couvent, le bordel, l’asile et la prison.
Leur cloture est protectrice dans les deux sens : l’exterieur est preserve de
la contagion des delits ou des delires; l’interieur est protégé des irruptions
de desir et de contrainte. (....) On sanctuarise un espace en le coupant du
dehors (c’est la fonction premiere du sacre) : l’ecole devient un “sanctuaire”
la protegeant des quartiers difficiles et l’on y multiplie sas d’acces et
cameras de surveillance. Ce sera bientot la cinquieme maison close. Notre
societe reconstitue donc des espaces clos alors qu’elle se veut de plus en
plus ouverte. Dans la foulee des idees de 68, on avait pourtant voulu abattre
tous les murs, fermer les hopitaux psychiatriques au profit de structures
ouvertes, assouplir la cloture monastique en supprimant les grilles du choeur,
remplacer l’incarceration par des peines de substitution. Et l’on fermait les
hotels de passe, quitte a jeter les filles a la rue.
Bref,
rejouissante lecture et rafraichissement de l’intellect.
Cote
travaux, les peintre mettent la derniere touche aux murs (finitions) avant
l’examen final des details qui justifiera le paiement de leur salaire
forfaitaire (ici la vue depuis le salon de ma maison de repli, pas mal non ?). Un petit groupe de terrassiers creusera l’espace qui doit
accueillir les canalisations d’evacuation d’eaux usees (ce n’est pas tres sexy
pour les photos je suis desole). En bas, la taille des clotures continue son petit
bonhomme de chemin, ca va etre tres joli.
Les
ballades sont regulieres, tous les jours, le soir. de preference Beaucoup de Francais. Avant-hier un
jeune couple de Nancy en voyage de noces pour deux heures de promenade a
travers villages et plages, hier mere et fille (8 ans un physique de 12) bonnes
cavalieres et, la petite, en admiration devant mes chevaux, trop mignon. Je me regale
toujours autant. Ce soir c'etait trois gamins, deux filles et un garcon (8 a 11 ans) enfants d'un hotelier de Bali, le garcon pas trop rassure, les filles adorant ca mais faisant un peu la tete parce qu'on les tenait au debut de la ballade. Petit a petit on les a lachees un peu toutes seules mais l'accompagnant, a pied, jamais loin et toujours devant.
Petit
accrochage entre la cariole et une mobylette avant-hier soir. Je ne la voyais
pas revenir la nuit presque tombee et en fait, elle avait eu un accident. Une
mobylete conduisant trop vite et trop pres a accroche la cariole, a fait peur
au cheval qui s’est emballe et a entraine la cariole dans le fosse. Akhmad
revant tard dans la nuit me disait qu’un arrangement avait ete trouve avec le
conducteur de la mob pour que chacun paye ses degats. Je lui ai indique mon
desaccord car la mobylette qui vient de derriere, dans la meme direction, doit
faire gaffe aux autres vehicules, c’est elle qui a envoye ma cariole au fosse,
elle doit payer ou reparer les degats, c’est trop facile. Si la cariole devait
renverser quelqu’un ou une mobylette ils seraient les premiers a venir reclamer
reparation (je suis assure pour cela), mais pas dans l’autre sens ? Alors ca
non !!! Moralite, ils passeront une bonne partie de la journee d’hier en
palabres avec les policiers et le conducteur de la mob a regler le probleme. La
cariole est un peu abimee mais facilement reparable (garde-boue arrache, pneu deplace).
Ca ira.
Au
petit-dejeuner de ce matin, une delicieuse omelette aux legumes et une brioche faite
dans la machine a pain, pas tout a fait assez levee (la levure locale ne doit pas
avoir les memes caracteristiques qu’en
France
, je vais augmenter la dose),
mais tres bon gout. Le pain francais c’est pas encore ca, ca va venir.
19 août 2008
Grand diner aux chandelles
Passage
par le formidable “Eldorado” de Laurent Gaude, encore un roman formidable (desole)
d’un jeune auteur qui se fait le temoin des errances d’un jeune candidat
soudanais a l’emigration clandestine. L’auteur se met aussi dans la peau des
doutes d’un officer de la marine italienne vieillissant qui a preisde aux
destinees d’une fregate chasseuse de barques de clandestins. Un beau face a
face de convictions et de doutes. Emouvant et dense ! Entre deux je me suis
fait un bon gros polar de Robert Ludlum (Le pacte Holcroft) toujours aussi
haletant.
Cote
chantier, après le repos de la fete nationale les voila tous de retour pour
finir le deck de ma maison de repli, passer la couche de peinture finale (il
faudra leur repeter et leur montrer les endroits ou il manque encore et encore
de la peinture). Ca va le faire tout de meme.
En
bas, c’est l’effervescence car les bouts de bois (de branches devrais-je dire)
destines a fabriquer la cloture a l’interieur du domaine sont arrives. Les
morceaux de bois sont d’abord selectionnes (on rejette les tordus et les
renvoie a leur proprietaire), puis l’ecorce en est enlevee a l’aide d’un grand couteau,
puis ils seront ajustes les uns avec les autres a l’aide de ficelle
traditionnelle, cela fait de belle grilles de bois qui feront une barriere
parfaite pour le ou les chiens a venir.
Hier
soir, second “grand diner”, avec 7 convives, un couple tres sympa de Jakarta
avec qui j’avais partage une excellente soiree au Novotel lors de leur dernier
passage a Lombok, cette fois c’est moi qui leur rend l’invitation de diner avec
la belle-mere tres cool, la soeur, Dominique
et son amie.
Du monde donc.
La journee a ete consacree a preparer la table, le menu, les plats de service dans lesquels chaque plat devait aller. En reentrant de ma promenade a cheval on mettra la touche finale a la decoration, aux bougies etc. Au menu, apero foie gras sur toasts (avec son Pacherenc), cacahuetes fraichment grillees et pommes de terre roties aux epices, entrée de legumes en salade, et un petit assortiment de plats allant des legumes en goreng ou a la noix de coco, aux brochettes de poulet ou au curry a ma facon. En dessert des fruits frais et du pain perdu a l’ananas et a la banane. Succulent et tres sympa. Leurs tenues etaient aussi parfaites car nous etions passes dimanche matin par le marche de Kuta ou nous avons trouve une belle chemise blanche brodee et un sarong noir brode aussi, sur le sarong une belle ceinture rouge et or. Je ferais des photos au prochain diner de gala....J'ai parfois l'impression de vivre luxueusement a la fin du XIXeme siecle, c'est une impression vraiment tres agreable meme si elle est un peu desuete.
15 août 2008
15 aout - Fete Nationale
Petit
message rapide du jour pour vous tenir informe des travaux.
Une
autre equipe reduite pose le plancher de teck de ma maison de repli. La vue
depuis le salon tout ouvert va etre superbe. Des portes de bois et des volets
insolent ma chambre de l’exterieur pour plus de securite.
Ce
matin au petit dejeuner, premier essai de “French Toast”, pain perdu, fourre de
bananes et ananas frais…Un delice !!!!
Le
pain fabrique hier est un peu etouffe-chretien (ca tombe bien ici) mais pour un
premier essai ce n’est pas completement rate. Next time j’essaierai le pain
“francais”.
Cote lecture : après le fabuleux bouquin de Regis Debray sur son periple en Terre Sainte partagee entre toutes les religions du Livre, je me suis lance dans “L’oracle della Luna” de Frederic Lenoir, c’est gentillet mais franchement ne casse pas trois pattes a un canard (je prefer les contes medievaux de Michel Peyramaure), c’est un pur produit de marketing; dans une histoire a peu pres ficelee il case des pages d’histoire des religions ou de la philosophie dans un style qui n’a rien a voir avec les caracteres de ses personages. Bref decevant. En revanche, toujours aussi fabuleux Yves Navarreet ses “Romances sans paroles”, des portraits de personages dechires, magnifiquement depeints, jusque dans leurs emotions les plus intimes. Magnifique. Quel talent !
14 août 2008
Kuta Lombok - Cours de cuisine, jardinage, un train train agreable
Nous telephonerons a Akhmad, ca tombe bien il a du
accompagner des clients du Novotel a l’aeroport, il nous rejoindra au mall ou
nous acheterons une jolie veste brodee de ceremonie pour Nyoman. Il nous
indiquera aussi un magasin ou l’on vend du vin australien (j’en essaierai deux
bouteilles pour voir). En sortant de chez Ruby’s (le magasin fourre-tout bon marche), nous croiserons
deux filles (ou femmes) voilees jusqu’au bout des ongles, ne laissant
apparaitre que leurs yeux. C’est la premiere fois que j’en vois ici. Akhmad
aura la reflexion “Tiens voila des Ninja”, comme les combattants chinois dont
le visage est masque. On finit par s’habituer aux femmes de 7 a 77 ans portant
le hidjab (le voile pudique sur la tete) mais les voiles aussi prononces c’est
une premiere. Ca ne les inquiete pas plus que cela. Moi non plus d’ailleurs car
c’est encore un comportement tres minoritaire.
Nous avons aussi fait un petit arret “drapeau bicolore” car dans 3 jours c’est la Fete Nationale et il s’agit de pavoiser la porte d’entree. Tous les batiments officiels sur le chemin sont ornes de rouge et blanc et arborent de nombreux drapeaux. Nous ferons de meme. Les enfants des ecoles repetent les mouvements qu’ils devront accomplir lors de defiles de comemoration, ils defilent au pas d’une facon tres martiale, c’est toujours drole de voir des petits bouts de choux se prendre au jeu.
Ce
matin, jeudi 14, nous essaierons avec Nyoman notre premier petit dejeuner “eggs
and bacon” fameux, et nous passerons ensuite en cuisine pour fabriquer un
premier pain avec la machine toute neuve achetee a Paris. Il nous reste a ttendre deux heures et
demie pour voir le resultat….J’ai suivi scrupuleusement les indications.
Rumeur
du jour, EMAAR reporterait le developpement de son projet d’une ou deux annees
car il existerait des divergences de points de vue entre leVice-President
Indonesien qui pilote le projet et les dirigeants d’EMAAR. Ils attendraient les
resultats des prochaines elections presidentielles pour prendre une decision.
Je suis ravi de cette nouvelle car cela nous laisserait du temps pour profiter
du calme de cette region preservee.











