Le blog de PEB

21 juillet 2008

Lundi 21 juillet

Chantier__179_Depuis deux jours je me regale a sortir a cheval avec un groupe de cavalieres avec qui j’etais en contact sur internet. Les parents viennent regulierement en Asie (Bali, Dehli) pour approviosnner des magasins d’objets de decoration et bijoux vers La Rochelle. Ils ne connaissaient pas Lombok mais le pere etait tombe sur mon blog et avait pris date pour ces trois jours de juillet. Les chevaux leur etaient donc reserves. La famille est composee de 4 enfants, 1 garcon d’une quinzaine d’annees avec qui le pere faire du kate-surf (planche a voile avec une voile de parachute pour le tracter, c’est sportif). Une mere attentive et trouillarde pour ses enfants, mais tres sympa. Et trois filles de 13 a 16 ans, excellentes cavalieres, assiette parfaite, controle absolu, on les sent habituees a monter toutes sortes de chevaux, en concours probablement. Chantier__176_Le pere me confirmera qu’elles montent deux ou trois fois par semaine. Avec elles je peux m’eclater a partir a toutes les allures dans des endroits indifferents. Elles partiront meme chacune leur tour au galop retenu sur la belle piste de la plage de Serenting. Elles s’eclatent et moi aussi car c’est rare de pouvoir faire deplacer les chevaux sans les faire se suivre les uns les autres en file indienne, il faut etre bon cavalier pour cela, et je les ai sous la main. Je suis ravi de sortir avec de telles cavalieres. Je proposerai meme au pere d’en prendre une des trois en stage d’ete ici si elle veut.

Chantier__188_

Bon a cote des balades (qui me prennent du temps tout de meme, deux heures le matin, deux heures le soir), j’ai ajoute un petit meuble bas qui devait servir d’etagere dans la cuisine, il sera mieux la-haut avec les sculptures de Don Quichotte trouvees aux puces de Rio et quelques objets.

Sunardi est venu me porter les attaches de moustiquaire en forme de “S” comme je les lui avait commandees. Elles sont tres bien, attachees avec deux morceaux de cotton cousu rapidement par la couturiere du coin. Cela permet de faire un joli tombe pour les pans de la moustiquaire.

Sinon, toujours temps magnifique et grand vent.

Pour finir sur une note litteraire, quelques beaux passages de nouvelles de Conrad que je viens de terminer. Le personage de Conrad n’est pas des plus sympathiques mais c’est un grand ecrivain. “Rien de si facile comme de raconteur un reve, mais il est impossible de penetrer l’ame de ceux qui ecoutent par la force de son amertume et de sa douceur. On ne communique pas la realite poignante des illusions ! Le reve finit, les mots s’envolent, le livre est oublie. C’est la grace misericordieuse du destin.” Ecrira-t-il a Henry James en 1897.

“L’ambition d’etre ecrivain ne s’etait jamais presentee a moi comme ces aimables exsitences imaginaires que l’on se forge parfois amoureusement dans la quietude et l’immobilite d’un reve en plein jour.”

Chantier__186_“Le Prince Roman”, une apologie de la grandeur d’ame de l’aristocratie ancienne “C’etait de la plus haute aristocratie que nous parlions, des grandes familles d’Europe, non appauvries, non converties, ni liberalisees, la classe la plus distinctive et le plus specialisee de toutes, et pour laquelle l’ambition meme ne fait pas partie des stimulants habituels de l’activite et des regulateurs de la conduite”.

Plus loin…

“Je m’en vais ou m’appelle quelque chose qui parle plus haut que mon chagrin et pourtant avec une voix qui y ressemble”

“Ce n’est que pour les hommes vains que tout est vanite, et tout n’est mensonge que pour ceux qui n’ont jamais ete sinceres avec eux-memes”

Tout la nouvelle est exceptionnelle.

Et j’ai verse ma larme sur la sublime conclusion tres cinematographique “Scope Technicolor” avec violons et tout et tout,de “L’ame d’un guerrier” (Retraite de Russie, la Grande Armee de Napoleon en deroute rentre chez elle) “Oui, il avait fait cela. Et qu’etais-ce donc ? L’ame d’un guerrier payait sa dette au centuple a l’ame d’un autre guerrier en lui epargnant un sort pire que la mort, la perte de toute foi et de tout courage. On peut considerer la chose de cette facon. Moi, je ne sais pas. Et le pauvre Tomassov ne le savait peut-etre pas lui-meme. Mais je fus le premier a approcher cet effrayant groupe sombre sur la neige, l’officier francais etendu rigide sur le dos, TomaChantier__193_ssov, genou en terre, plus pres de ses pieds que de la tete du mort. Il avait enleve sa casquette et ses cheveux brillaient comme de l’or parmi le leger tourbillon de flocons qui commencaient a tomber. Il restait penche vers le mort dans une attitude contemplative. Et son visage jeune et ingénu, aux paupieres baissees, n’exprimait ni chagrin, ni severite, ni horreur, mais se tenait fige dans le repos d’une meditation profonde, comme infinie, et a jamais silencieuse.”

Un autre passage de cette superbe nouvelle “Il etait rempli d’une male compassion pour toutes les formes de miser humaine. Il n’y a rien d’incompatible entre l’humanite de sentiment et l’ame d’un guerrier. Les gens denues de compassion sont les civils, les fonctionnaires, les marchands et autres de cette espece.”

La sublime “Ligne d’ombre” est truffee de phrase inoubliables dans lesquelles je me reconnais parfois comme dans “La bienheureuse simplicite de sa vision traditionnelle de la vie”

“Semblable en cela a quelques femmes exceptionnelles, mon navire etait un de ces etres dont la seule existence suffit a faire naitre un ravissement sans arriere-pensee. L’on sent qu’il fait bon vivre dans un monde ou pareille creature existe.

Chantier__134_Hier soir, en fumant, au soleil couchant, ma premiere hashisha (pipe a eau), rapportee d’Assouan, sur la baie de Kuta nimbee d’une si douce lumiere, je n’etais pas loin de me laisser rattraper par ces expression fortes de l’emotion.

“La vie etait facile en Orient pour les blancs. Certes. Mais la difficulte c’etait de savoir rester un blanc…”

“C’est le privilege de la prime jeunesse que de vivre en avant de ses jours, dans cette magnifique et constante esperance qui ignore tout relais et toute reflexion. On referme derriere soi la petite porte de l’enfance – et l’on penetre dans un jardin enchante. Les ombres meme y prennent un éclat prometteur. Chaque detour de sentier a sa seduction. Et ce n’est pas l’attrait d’un pays inconnu. On sait bien que c’est par la qu’a passé le flot de l’humanite tout entiere. C’est le charme d’une experience universelle don’t on attend une sensation extraordinaire et personnee – la revelation d’un peu de soi-meme”

“Oui. L’on marche. Et le temps marche aussi – jusqu’au jour ou l’on decouvre devant soi une ligne d’ombre, qui vous avertit qu’il va falloir, a son tour, laisser derriere soi la contree de sa prime jeunesse.”

“Toutes les routes sont longues qui menent a l’objet de notre desir” (c'est ma route....non ?)

Chantier__157_

Et pour finir un petit portrait qui me rappelle quelqu'un : “Il n’y a pas de convertis aux idees de l’honneur, de la justice, de la pitie, de la liberte. Il n’y a que des gens qui sans savoir, sans comptrendre, sans sentir s’extasient sjur les mots, les repetent, les crient, s’imaginant y croire – sans croire a autre chose qu’au gain, a l’avantage personnel, a la vanite satisfaite. Et les mots s’envolent : il ne reste rien, entendez-vous ? Absolument rien, oh homme de foi ! rien. Un moment, un clin d’oeil et il ne reste rien – qu’une goutte de boue morte lancee dans l’espace noir, tournoyant autout d’un soleil eteint. Rien. Ni pensee, ni son, ni ame. Rien.”

Posté par PEBTHEPEB à 06:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=105819&pid=9990996

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :