Le blog de PEB

Peb part pour de nouvelles aventures, une nouvelle vie. Blog destiné à ceux qui veulent suivre sa trace.

01 mars 2008

Dès le lever du jour, mes yeux s’ouvriront sur une autre belle journée

Jeudi 28 février

Le temps de me doucher et d’avaler un petit-déjeuner et les ouvriers (un petit groupe de 8) sont déjà là avec Apoun et Awal les fidèles (les autres aussi sont réguliers).

Aujourd’hui donc première journée de travail avec le boss vivant sur place. Il n’entrent pratiquement plus dans la maison à part pour traverser, par moment, le salon. J’ai demandé à Guffran d’expliquer aux gardiens qu’un peu de « discrétion » m’arrangerait pour préserver mon intimmité. Je sentirai une petite différence en fin de journée quand les gardiens se feront plus absents.

Pas de grands travaux au programme mais les dernières touches pour que cette maison soit définitivement finie et cela concerne essentiellement l’extérieur. Quelques exemplaires des batu kuning (les gros pavés de pierre jaune) seront montés à la main, à dos d’homme pour essayer de les positionner dans le passage entre la cuisine et le salon. Le terrain doit être d’abord égalisé, on déplacera donc un peu de terre pour l’enlever là où il y en a trop et la mettre là où il n’y en a pas assez. Les pavés de pierre seront alignés et mise en place. Apoun, pendant ce temps finira de tailler les marches de l’escalier d’accès après avoir été chercher, avec Guffran, les morceaux de bois nécessaires à la structure de la terrasse de teck faisant face au salon. Un autre gars creusera un emplacement qui recevra le poteau d’acier des paratonnerres.

En bas, les pierres vert d’eau qui serviront à paver la piscine et les pierres noires qui la borderont sont arrivées de Bali, l’équipe de pose ne devrait pas tarder.

Journée calme donc, temps clair, un peu couvert par moment, jamais chaud, mais le courant d’air constant m’a donné un petit rhume…Après la chute d’hier (qui m’a bien mâché tout de même), c’est le nez qui part en couille. Tout finira par rentrer dans l’ordre.

Pas d’internet à la maison, je suis passé le signaler à Dady mais demain j’irai poster ces blogs depuis un café Internet. Désolé du retard.

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Premiers pas

Chambre_et_storesMardi 26 février

Journée tranquille à prendre mes marques mais soirée agitée.

D’abord, le Bupati a envoyé un de ses sbires demander à Erick de se joindre à la « paradeu », la parade, qui doit ouvrir les cérémonies officielles. Erick appliquera un bon shampoing sur Pangeran pour le rendre tout beau, tout frais. Il doit rejoindre le cortège du Bupati vers 15 heures.

La courte nuit me mènera au lit pour une bonne sieste. Malgré le soleil rayonnant, la température dans la chambre est parfaite et le vent traversant fait son office de rafraîchissement rassérénant.

ParadeuÀ 16 heures, cependant, je vais faire un tour sur le lieu des « Pressi », les combats de tiges de jonc. Et au moment où j’arrive, en effet, le Bupati en grande tenue traditionnelle vient de faire son apparition à la tête de 4 cavaliers, dont Eric tout fier. Il précède une musique traditionnelle et une effigie de la déesse Nyalé (déesse des pêcheurs). Devant le cortège, deux petits chevaux caparaçonnés et tenus par une longe se cabrent et « dansent » au rythme de la musique. C’est très solennel et en même temps un peu foutoir car la foule est dense autour d’eux et une armée de policiers en tous uniformes n’y suffit pas. Il faut dire que le Gouverneur de la Province est aussi annoncé.Une fois descendu de cheval, le Bupati m’apercevant me fait un grand signe et s’avançant vers moi et me donne une chaleureuse accolade, ce qui me vaut d’être pris en photo et en vidéo, avec le Bupati et son nouveau cheval noir de parade. Le fils du Bupati monte aussi un superbe étalon bai. Je le saluerai également.

Pressi1Tous les chefs de villages sont assis sur de grandes nattes et se lèveront à l’arrivée du Bupati pour lui baiser cérémonieusement les mains. Il ne donnera l’accolade qu’au Gouverneur. Je suis tout fier d’avoir été honoré de ce geste (bien peu sincère et tout politique mais tout de même).

Les combats de tiges de jonc seront toujours aussi animés et, autour de l’arène improvisée, c’est la foule des grands jours, toute l’île est venue jusqu’à Kuta pour participer aux festivités du Nyalé. Si Kuta est assez isolée, on constate, dans ces moments-là, à quel point l’Indonésie est peuplée et même Lombok, une des moins habitées de l’archipel. Le soir, la nuit, ce sera encore plus flagrant.

Pressi2Après les combats, Thomas et sa femme viennent boire un verre à la maison (j’inaugure) mais hélas l’électricité nous ayant fait défaut toute la journée, je devrais envoyer un gardien acheter des bières fraîches au Reef. Hadji, bien que souffrant, est venu pour réparer le système. Je ne comprends pas bien pourquoi cela ne fonctionne pas. Il me parle du plombier qui a fait une installation électrique sur laquelle il s’est branché. C’est toujours la faute du voisin. Il revient lundi, me dira Guffran, Hadji sera là pour discuter avec lui et choisir la meilleure solution pour une électricité durablement installée. Thomas et Annette m’ont apporté un joli cadeau, une lampe à pétrole à l’ancienne, comme je les aime car je leur ai demandé où ils avaient trouvé la leur.

Guffran qui, gentiment, me proposera d’aller faire un tour au Nyalé car c’est le soir de grande affluence. Je vois bien, au loin, dans la nuit, la petite et calme plage de Seger où j’ai mes habitudes équestres, briller de tous ses feux. Vers 21 heures, il me propose donc d’y aller, en voiture, car il a profité du  pick-up pour amener tout le village (enfin sa famille proche). Nous mettrons une bonne heure à faire les 3 kilomètres qui nous séparent de Seger car il y a un enchevêtrement de mobylettes de piétons, de voitures et de minibus, on roule au pas pour accéder à un parking après avoir passé un grand nombre de postes mobiles de police. Les effectifs sont impressionnants à tous les carrefours et sur toute la surface du site. Peu sont armés, la plupart ont de longs bâtons et des matraques. Comme il se vend peu de bière (un seul toko ou deux en proposent) il y a peu de « viande saoûle » et l’ambiance est plutôt bon enfant et familiale. De chaque côté du chemin d’accès à la plage, entre les petites collines, des magasins improvisés (warung) de bouts de bois et de toile de tente vendent de tout nourriture, boissons, cigarettes, sarongs, ballons gonflables, barbe à papa ou DVD. Certains ont installé des tentes à côté de leur voiture pour y passer la nuit, la plupart traîneront de warung en warung en attendant le petit matin, vers 4 heures, heure propice, à marée basse, pour aller pêcher le ver (le Nyalé) qui n’est trouvable que ce jour-là. Toute la famille participe au jeu et chacun y va de son épuisette. Les adolescents flirtent dans les hauteurs des collines (là où je vais avec Pangeran admirer a baie du Novotel). Dans le fond de la cuvette, avant la plage, de grandes tentes ont été dressées pour accueillir un spectacle de danses folkloriques, des chaises ont été dressées, Guffran me dira que les touristes peuvent s’y asseoir. J’en vois pas mal mais n’en connais aucun. Ce ne sont que des visiteurs de passage, aucun résident. Je ne me sens pas de passage, j’ai envie, comme à Séville en Semaine Sainte, de vivre ces fêtes de l’intérieur, au milieu de la foule et de la petite bousculade sympathique. Je reste donc au milieu de mes compagnons. Nous ne regarderons qu’un petit bout de ce spectacle impersonnel (même s’il est très traditionnel) car Guffran me propose de faire le tour des gargottes et, en effet, c’est nettement plus amusant de passer devant chaque étal toujours animé, sans aucun touriste pour le coup, et des milliers de gens attendant le petit matin en papotant. On retrouve ses amis, nous croiserons Apoun et deux de ses potes (les garçons, élevés en groupe, traînent toujours en bande) et, un peu plus loin, le chauffeur. C’est drôle de se sentir « chez soi ». Sur la plage, dans un demi-jour (la lune s’est levée et donne une douce clarté à la scène), des milliers de gens se sont assis nonchalamment. Tout cela est captivant et je suis ravi de participer à ce premier Nyalé en ayant posé mes valises dans mon, enfin, chez moi. Cependant, à 1 heure du matin, j’ai un coup de barre, nous avons pas mal marché à petits pas, nous sommes assis boire un café (une eau pour moi) dans un warung éclairé par une lampe-tempête et j’ai peu dormi la nuit dernière. Il est temps de rentrer. Nous rebroussons chemin et ramenons la femme et les enfants de Guffran ainsi que Meddal croisé en route qui veut aussi rentrer. L’année prochaine je dormirai plus pour participer jusqu’au bout de la nuit à cette belle cérémonie.

En rentrant, Guffran me déposera devant le portail hermétiquement fermé. Il me l’ouvrira. En bas, devant la « maison des gardiens » un des deux « security » dort a poing fermé. Je monte tranquillement chez moi à la lueur de la torche a led achetée récemment. En arrivant là-haut, la lampe à pétrole brûle toujours (hum hum) mais tout est calme, un gardien revient d’un ronde, un autre dort tranquillement. Toutes les portes sont restées grandes ouvertes, comme je les ai laissées en partant (puisque je suis descendu reccompagner Thomas et Annette avec ma torche au moment où Guffran m’a appelé, je n’allais pas remonter tout fermer, je pensais qu’ils le feraient. C’est bon à savoir, ils ne le font pas mais ils gardent ma maison un soir de grande agitation (ils préféraient être trois hier soir, soir de fête où tout est possible).

Salon_et_gardienMercredi 27 -  Nuit calme et sereine. Le jour se lève, j’ouvrirai un œil pour voir les multitudes de lampes sur l’eau mais je suis trop fatigué pour me lever et faire une tite photo.

Je me rendors pour ne me réveiller que vers 8 heures après avoir bien récupéré de ma courte nuit précédente. La journée est, encore une fois, magnifique. Le ciel pur et dégagé, pas d’ouvriers, je vis un journée telle que je la vivrai quand tout sera fini, au calme. L’agitation motorisée d’hier soir a cessé et tout le monde semble être resté chez soi car aucun bruit à part quelques cloches de buffalos et des coqs. Un des gardiens (qui reste toute la matinée sur la terrasse, dormira une bonne partie de la journée sur sa natte). Journée tranquille à lire « La controverse de Valladolid » de Jean-Claude Carrière (si souvent croisé à des soirées chiffres), passionnant réquisitoire d’un Dominicain défendant la nature « humaine » des Indiens du Mexique devant un prélat romain, répondant à la contradiction d’un philosophe qui défend la « guerre juste au nom de Dieu » et la « destinée » de ces peuples primitifs à devenir esclaves. Passionnant de lire cela ici, merci Nicolas. J’ai encore tellement de pages à lire, à découvrir, à dévorer, pour m’ouvrir les yeux un peu plus encore.

Ce soir, le coucher de soleil, sera, une fois de plus magnifique et à peine la nuit tombée, revoilà des pêcheurs sur la chambre à air de camion et leur lampe-tempête qui glisse doucement sur l’eau. C’est magique tel quel, avec « Elégie » de Fauré ça prend encore une autre dimension ….

PS : En quittant le bord de la future piscine où je m’étais installé pour voir le coucher de soleil, je me suis vautré en ratant une marche. Heureusement le sol est couvert de sciure de bois à cet endroit-là, un peu mâché et écorché mais rien de bien méchant. Heureusement un des gardiens est là et file descendre me chercher la boîte à pharmacie pour mettre un peu d’antiseptique (Bétadine, la même qu’en France) sur une petite plaie. Plus de peur que de mal. Mais pas trop fier. Je commanderai à manger en bas (au Reef) et Ahmad, le proprio viendra livrer lui-même et…visiter la maison. C’est une curiosité débordante qui dévore tous les Indonésiens, je le sais bien, il vaut mieux réserver ces visites à des gens qu’on apprécie, Ahmad en fait partie.

C’est la période des « premier », donc premier dîner aux chandelles….avec la mer toujours animée de petites lumières qui forment des lettres ou des formes étranges. C’est très beau.

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Le grand jour

SalonLundi 25 fevrier

Enfin le jour de mon déménagement est arrivé, ces lignes, je les tape à mon premier matin, le fauteuil tourné vers la baie, une petite brise agréable. Ma première nuit aussi dans cet Eudaimôn.

Revenons quelque peu en arrière. Lundi midi donc, comme prévu, après mon petit tour du chantier pour voir si tout est prêt, je déménagerai mes affaires (c’est fou ce qu’on entasse en 6 mois) avec Guffran et Meddal.

Chantier1Sur le chantier, tout le monde s’affaire à préparer la maison et à la rendre habitable.Le menuisier finit le placard de la salle de bains, les gars d’Apoun appliquent, au chiffon, la cire sur le terrasso, c’est long, mais ça protègera le sol. Juste avant d’appliquer la cire ils ont râpé des noix de coco et, la poudre, mélangée avec un peu d’eau a nettoyé définitivement toutes les taches qui parsemaient le sol non traité, le résultat est impressionnant. Artisanal mais efficace.

Chantier4Apoun et deux autres gars remet en place les morceaux d’Ilalang qui sont un peu échevelés et laissent passer quelques gouttes par endroits.

Sur le coup de 15 heures 30, alors que les combats de tiges de jonc vont commencer, je leur demande de monter mes sacs, le matelas… Ça y est, je m’installe. La caravane de valises et sacs arrive portée par tous les gars de l’équipe depuis le pick-up qui est monté à mi-hauteur. La glacière leur réservera les cocas et les bières fraîches que j’y avais mises. Ils sont ravis.

Les meubles de bambou sont aussi livrés et la maison a maintenant l’allure d’une maison habitée. C’est très impressionnant. Je n’ai pas encore de repères, mais cela ne saurait tarder.

Coucher_de_soleilEn revenant des populaires et très fréquentés combats de tiges de jonc (les « pressi ») toujours aussi révélateurs du caractère profond et génétiquement unique des Sasak (j’y reviendrai un de ces quatre), nous sommes convenus avec Thomas de nous retrouver sous la brugah pour boire une petite bière. Cela fait longtemps que nous parlons de cela et nous ne l’avons jamais fait, maintenant que j’ai déménagé, il est temps. Ils apporteront les bières fraîches et nous nous assiérons sous la brugah, profitant de la brise et du jour qui tombe dans un déchaînement de rouges et de roses. C’est magnifique. Les étoiles, ici, en haut, apparaissent plus proches. Il y a surtout moins de lumière à ce point du terrain donc on voit très bien la voûte céleste. Thomas, qui connaît bien le ciel de l’hémisphère sud m’indique Orion et quelques autres étoiles. Je suis ravi. La nuit tombée, nous assisterons alors à un spectacle tout à fait unique (et encore plus unique avec ce point de vue surélevé), le départ des pêcheurs de Nyalé, sur leurs bouées de caoutchouc et leur lampe-tempête. En fait, d’ici on voit une multitude de petits points lumineux glisser sur l’eau de cette vaste baie. Dommage que les photos soient incapables de rendre l’émotion de ce moment. Nous ne sommes que la veille de la grande cérémonie, il n’y a donc qu’une centaine de pêcheurs. Cette nuit, au petit matin il y en aura plus et demain soir encore plus.

Le temps de passer par ma maison prendre ma première douche et me voilà dîner dehors puis, à l’invitation de Guffran, boire une petite bière avec lui et ses potes au Ketapang un petit bar sympa 100% Sasak. Un petit groupe sympa. Je suis ravi de pouvoir avoir une conversation suivie avec des Indonésiens pendant une heure sans me poser de questions de traduction (ou à peu près).

Retour at home, sweet home vers 22 heures. Les lumières sont toujours sur la baie, plus loin maintenant, au large, mais avant a barrière de corail.

Les petites boîtes électriques sont du meilleur effet même si les 15 Watts rendus par les 5 Watts de consommation sont un peu trop puissants. J’aime les lumières tamisées. Une petite musique et le tableau est parfait. Seul bémol, je ne suis pas à 100% chez moi, le gardien dort dans le salon.Je règlerai cela avec Guffran pour qu’il leur explique, sans les froisser, comment j’envisage l’affaire. Il est discret heureusement. Dehors, il fait bien noir, il manque des lumières sur le haut du terrain, nous en placerons dès que l’électricien réapparaîtra.

J’inaugure aussi mon nouveau matelas donc un peu de mal à m’endormir, et l’excitation aussi peut-être. Et puis surtout, le bruit des multitudes de mobylettes venant de toute l’île, se rendant à Seger où des milliers de gens vont célébrer le Nyalé. Vers 2 heures du matin, une femme entre dans la maison en cherchant son mari, gardien, sans savoir que je suis là et le bruit me réveillera. Je me rendormirai quelques heures avant d’être à nouveau réveille mais, cette fois-ci, pour mon plus grand bonheur et voir d’autres pêcheurs partir l’assaut de la mer au jour à peine naissant (trop peu pour des photos, j’essaierai demain).

Première nuit dans mon nouveau chez moi, c’est toujours un événement.

Réveil à 8h30, j’ai pu récupérer, et déjà les gardiens sont à l’ouvrage, l’électricien apparaît. Heureusement que c’est une journée de pause pour l’équipe d’Apoun.

J’aurai le temps de mettre toutes mes affaires dans les placards et aménager un petit coin « cuisine » dans la salle de bains (la cuisine n’ayant pas encore de portes). Nous placerons des stores de bambou sur toutes les fenêtres pour m’assurer une certaine intimité, je me sentirais mieux. Eux ont l’habitude de vivre les uns sur les autres, pas moi, pas encore.

Première matinée tranquille dans ce nouveau chez moi.

Posté par PEBTHEPEB à 06:38 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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